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C'est ainsi que Bérénice consacra une boucle de ses cheveux a Aphrodite afin que son époux Ptolémée III revienne vivant de a guerre de Syrie.
Les rois au moyen âge portaient longue leur chevelure. Ils ne pouvaient régner et n'étaient puissants qu'à condition de ne pas la couper.
La déposition d'un monarque s'accompagnait de sa tonte.
On ne massacrait pas ces rois fainéants ; on les enfermait dans un monastère et on les rasait. Ils perdaient toute leur puissance et ne pouvaient plus régner (Michel Faure).
Il en était de même chez les Gaulois et les Francs, la chevelure, synonyme de noblesse et de puissance, représentait la marque de distinction de la royauté.
En la perdant, le roi de France perdait aussi immédiatement sa royauté.
Les maires du palais pouvaient ainsi se débarrasser des rois en les faisant raser et en les enfermant dans un cloître.
Un curieux tableau du 19ème siècle illustre cette attitude qui montre l'enfermement au couvent et la tonte tonsure du dernier des mérovingiens (Musée des Beaux Arts, Carcassonne).
Rappelons que les capitulaires de 630 ont obligé les religieux a se faire raser et a renoncer ainsi au moyen de plaire.
Pour les Hindous, les cheveux de Siva s'identifient avec les directions de l'espace, et constituent la trame de l'univers.
Enfin, la chevelure est un des rares sujets sur lequel Juifs, Musulmans et Chrétiens semblent être d'accord : ces trois confessions religieuses voient dans sa trame, le plus terrible des objets de péché et de séduction.
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C'est si vrai que le Concile de Constantinople de 692 menace d'excommunication ceux qui boucleraient ou teindraient leurs cheveux, et, 1 000 ans plus tard, vers la fin du XVIe siècle, le Concile de Tours préconise encore de semblables mesures.
Les cheveux représentaient aussi de véritables trophées en temps de guerre. Les célèbres scalps prélevés par les Indiens sur le crâne de leurs ennemis en sont un exemple.
Les Romains infligeaient également la tonsure aux peuples vaincus.
Plus récemment, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les femmes accusées d'avoir eu des liaisons avec les Allemands envahisseurs ont été rasées et exhibées.
Quelques tableaux du 18ème siècle pourtant, montrent la reine de Sémiramis, vêtue d'une armure, se préparant à couper sa chevelure.
L'épisode est tiré de la tragédie de Voltaire, Sémiramis, et la scène représente la reine qui vient de faire assassiner son mari pour prendre le pouvoir, en train de s'habiller en homme, en guerrier et qui sacrifie ses cheveux pour de reine devenir roi.
C'est ainsi que la perte de cheveux, au lieu d'être comme dans l'histoire de Samson, une perte de virilité est au contraire une perte de la féminité et un emblème de virilisation.
On note un comportement identique dans un des autoportraits de Frida Kahlo cité par Michel Faure qui le considère comme un bel exemple d' androgynie symbolique, (auto portait aux cheveux coupés , 1940 Museum of modern art, New York) où l'on voit l'artiste vêtue d'un costume masculin, venant de se débarrasser de sa chevelure de femme . Les cheveux sont à terre et l'artiste garde les ciseaux à la main.
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