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1. HISTORIQUE DU CHEVEU
Véritable parure, la chevelure est, depuis les temps les plus reculés, considérée comme un symbole de séduction chez la femme et de force chez l'homme.
L'histoire de Samson est édifiante à cet égard. Il tirait sa force prodigieuse de l'opulence de sa chevelure.
On sait que Dalila découvrit son secret et le rendit vulnérable en le rasant et cet acte correspond pour nos collègues psychiatres à une castration et illustre d'une certaine façon le symbolisme sexuel de la chevelure
Lorsque ses cheveux repoussèrent, il retrouva sa force et renversa le temple de Dagon sur les Philistins, et sur lui-même.
Pourtant au début du 15ème siècle, le poil comme les cheveux sont considérés comme un signe de bestialité.
L'alopécie masculine quant à elle, a été très tôt représentée puisqu'elle apparaît sur les portraits égyptiens funéraires (homme âgé, au Musée du Caire)
Et on constate que l'homme chauve est pour pratiquement toutes les civilisations, une image emblématique de la sagesse du grand âge et de la connaissance (Dürer : Jésus parmi les docteurs) et dans l'art chrétien, la calvitie est toujours l'attribut de St Paul.
C'est à l'essor de la peinture à l'huile dans les Flandres et les Pays Bas que l'on doit la possibilité de représentation minutieuse et réaliste des poils et des cheveux qui jusqu'alors étaient dans la plupart des tableaux de l'époque masqués ou ignorés.
On a la surprise de constater combien les portraits de donateurs, les images de saints qui figurent sur différents retables mettaient à cette époque en évidence l'alopécie andro génétique masculine et ses différents stades. (Van Eyk, Memling).
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Plus tard, lorsque le cheveu est représenté sacrifié, il correspond au renoncement aux illusions du monde, avec en Occident la classique scène de Madeleine coupant sa chevelure (Crayer : Ste Madeleine renonçant aux vanités de ce monde, Musée des Beaux Arts Valenciennes (Michel Faure).
Les tendances sont les mêmes en art oriental où est donné toutes son importance au sacrifice de sa chevelure du jeune prince, futur Bouddha, sur le chemin de l'éveil et de l'illumination.
Le sacrifice de la chevelure est aussi un signe de deuil, comme la représentation d'Achille au bûcher de Patrocle qui tranche sa chevelure avec son glaive (Musée des beaux Arts Zurich, Michel Faure).
Les femmes sur le chemin de croix ou au pied de la croix arrachent leur chevelure, extériorisant ainsi des grandes souffrances et de profondes douleurs morales.
Dans de nombreuses sociétés, le rasage représentait un signe de deuil lors de la perte d'un être cher ou dans le retable de Ste Marie Madeleine de A. Moser, Eglise paroissiale de Tiefenbronn, un acte d'humilité majeure puisque Marie Madeleine est représentée, se servant de ses cheveux pour laver les pieds du rédempteur.
Chez les Grecs, la chevelure avait une telle importance que la couper pour en faire don aux dieux était l'offrande suprême.
C'est ainsi que Bérénice consacra une boucle de ses cheveux a Aphrodite afin que son époux Ptolémée III revienne vivant de a guerre de Syrie.
Les rois au moyen âge portaient longue leur chevelure. Ils ne pouvaient régner et n'étaient puissants qu'à condition de ne pas la couper.
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